16 février 2025

Et si...?


Coucou les bouquinovores! Sans doute connaissez-vous le concept de la série télévisée proposée par Marvel studios, What if...? nous offrant de courtes variations de leurs principales histoires, en employant le principe du Multivers et des Gardiens, observateurs silencieux de toutes ces réalités alternatives. Le show s'inspire d'une version comic book ancienne, où là aussi, en quelques pages, nous avions régulièrement droit à des Et si Elektra n'était pas morte? Et si les Quatre fantastiques n'avaient pas obtenus leurs pouvoirs? Cette version papier était bien entendu plus riche, puisant dans une plus large proposition, mais la série télévisée s'avère plutôt pas mal, alternant entre des thématiques légères, et d'autres plus dramatiques - dramatique façon Disney, n'allons pas non plus nous emballer

Bref. Durant ces dernières décennies de pratiques rôlistes, j'ai toujours aimé employer des réalités alternatives sur le modèle What if...? en particulier avec Planescape, et plus récemment avec mon jeu Infinité temporelle, dont c'est d'ailleurs l'un des piliers. Mais pour arriver à proposer des itérations distordues aux camarades rôlistes, il fallait tout d'abord poser un décors, des intrigues et personnages, afin de donner un peu de profondeur, avant de chambouler tout ça durant des intrigues rocambolesques! Pas évident, en particulier si l'on ne joue qu'en one-shot. 

Mais finalement, les livres offrent une alternative toute aussi pertinente que les comic books, et avec ULUJ comme support, nous voici avec de quoi partir dans des réalités alternatives livresques totalement aberrantes! 

Et si...? Et si les enfants de Paul et Chani étaient kidnappés? Plutôt que d'être la cible d'un assassinat, et au vue des pouvoirs prophétiques développés par Mua'dib, les oppositions subsistant au sein du Landsraad chercheront peut-être à éliminer leur gardien, Stilgar, puis exfiltrer les enfants vers un lieu secret, à bord d'un prototype de non-vaisseau. Eloignés de leur mère, éduqués différemment, pourquoi pas par les Ixiens ou le Tleilax, Leto II et Ghanima pourraient développer de nouvelles allégeances. Et tandis que les fremen écument la galaxie à leur recherche, animés par une nouvelle quête donnant du sens à leur existence, un clergé débarrassé du poids des prophéties, avec un nouveau prétexte permettant de prolonger la guerre sainte, pourrait finalement basculer, sans contrepoids, vers une théocratie rigide et radicale. 

Leto II converti aux croyances du Tleilax? Pas de Sentier d'or, pas d'Empereur-dieu, et quel sinistre avenir pour l'Humanité? Ghanima toujours vivante, posséderait-elle des pouvoirs semblables à ceux de son frère? Les deux réunis pourraient probablement s'affranchir de l'influence de leurs kidnappeurs, resteraient-ils des Atréides? Le Bene Gesserit pourrait-il contrôler deux enfants aux pouvoirs prescients? Voilà déjà des pistes amenant à des chronologies d'un cycle de Dune totalement chamboulées! Imaginez que l'Epice reste sûrement la plus importante des ressources, mais qu'en parallèle, le potentiel génétique de Leto et Ghanima soit révélé, échappant au Bene Gesserit pour devenir un enjeu majeur, avec à la clé des descendants doués de prescience, devenant des armes pour les Grandes maisons du Landsraad, la Guilde ou la CHOM. 

Et si...? Et si les Fusionnistes prenaient le pas sur les Spéciens? La très inspirée Audrey Pleynet nous aura proposé un court roman, Rossignol, dans lequel s'entremêlent d'innombrables génotypes, humains et autres. Nous y suivons les péripéties et la tragédie d'une héroïne majo-humania, c'est à dire génétiquement humaine pour une bonne part, et entrons dans un monde fermé en mode cocotte-minute, au sein duquel la tolérance et le laisser-vivre devraient être la norme, mais où des tensions et cette bonne vieille pureté raciale viennent mettre le feu aux poudres. Dans le roman, l'idée du melting-pot nous est présentée telle une utopie, alors pourquoi ne pas tenter l'expérience et mettre de côté les Spéciens, tout du moins les employer comme une sourde menace, tandis que nous pourrions nous focaliser sur des problématiques plus légères, l'intégration de nouveaux hybrides aux capacités destructrices ou trop inadaptés à la vie à bord de la station. 

L'autrice nous offre ici une occasion de réfléchir à l'acceptation de soi et des autres, le contexte sf et génétique seront de bonnes excuses pour nous éloigner un peu de la réalité, tout en abordant la tolérance et les différences. Plutôt pas mal comme thématiques.

Et si...? Et si c'était Aghoo qui ramenait le feu? Oui alors là, contrairement à l'utopisme génétique proposé plus haut, il s'agirait d'une variation assez sombre du roman de base. Je parle ici de la Guerre du feu, de Joseph-Henri Rosny aîné, écrit au début du XXème siècle et ayant suscité bien des carrières autour de la préhistoire. Nous connaissons essentiellement l'adaptation en film de Jean-Jacques Annaud, le roman appartient en fait à une trilogie, les Âges farouches, nous présentant un monde préhistorique fortement romancé, et basé sur des connaissances désormais dépassées. Cela étant, il n'en reste pas moins un grand classique. 

Aghoo, c'est le méchant de l'histoire, une brute épaisse partant chercher le feu pour la tribu Oulhamr, il sera finalement vaincu par le héros, Naoh. Mais imaginons que ce soit Aghoo qui ramène le feu, après avoir cassé le crâne à d'improbables homo erectus, décimé un troupeau de mammouth et s'être fait un collier avec les crocs de tigres à dents de sabre. La tribu serait dès lors soumise à une forme de tyrannie. Il serait dès lors intéressant de voir se construire un scénario dans lequel la brutasse réalise qu'elle dirige la tribu, possède toutes les femmes et les meilleurs morceaux de toutes les prises, mais qu'elle dépend toujours des autres, que c'est sûrement fantastique d'être l'Alpha, mais que l'on doit se sentir bien seul. Plutôt que de chercher à s'affranchir de cette oppression, les personnages pourraient ainsi tenter de lui faire comprendre que le collectif est tout de même plus apte à la survie. Bref, plutôt qu'une résistance employant la violence, tenter de montrer par l'exemple. 

Oui je sais, je suis très orienté scénarios pédagogiques, cela vient du fait que justement, j'emploi le jeu de rôle avec des jeunes, et que cela consiste bien à s'amuser en assimilant des concepts malheureusement sur le déclin. Mais vous avez sûrement pigé le principe des What if...? Vous amusez avec vos romans favoris en modifiant un élément de leur chronologie, pour partir sur une multitude de possibilités. Rien ne vous empêche de faire de même avec des univers un peu fouillés de jeu de rôle, même en simple session-flashback, pour proposer à vos camarades un Et si...? le temps d'une session. 


18 octobre 2024

La saga de Crystar!

Ah d'accord, sur ce coup, pas de chef d'œuvre littéraire mais juste un petit coup de sentimentalisme marvelophile, nous ramenant en 1983, date à laquelle l'éditeur proposait un titre en onze épisodes, la saga de Crystar! Bon, en réalité, il s'agissait, comme souvent en ces temps lointains, de promouvoir une gamme de jouets, ici en partenariat avec Remco. 

A partir d'un postulat assez basique, deux princes rivaux devenant les pions de puissants sorciers au service de l'Ordre et du Chaos, nous avons ici droit à un certain dépaysement nous emmenant sur le monde de Crystalium, où le règne minéral prédomine, et où donc une ancienne prophétie, énoncée par un Roi-démon, annonce le retour et le triomphe du Chaos. Le nouvel agent du destin se nomme Zardeth, il est borgne et s'habille en noir, c'est donc lui le méchant, et il fera tout pour corrompre Moltar, le frère jaloux du gentil prince Crystar, qui sera pour sa part trahi, laissé pour mort par son frère, qui rejoindra Zardeth et deviendra avec ses vassaux un homme de lave, tandis que Crystar, sauvé par le gentil sorcier Ogéode, sera fusionné avec le cristal Prisma, et deviendra donc encore plus pur et scintillant.

Va s'ensuivre les habituelles bagarres de chez Marvel, tout problème se résolvant dans la violence, mentalité ricaine oblige, et malgré la trame vraiment très fragile de ce récit, eh bien il y a quelque chose, une sorte de fulgurance, basée en particulier sur les émotions conflictuelles entre les deux frères, mais également entre les seconds couteaux, pourtant les sempiternels archétypes guerriers des eighties - le badass, le plaisantin, le sérieux - La confusion entre les dichotomies Loi/ Chaos et Bien/ Mal montre que le sujet n'a pas été vraiment bossé, et que l'idée de Marvel était vraiment de refourguer la licence à un fabricant de jouets.   

Côté règles pour ULUJ, j'avais déjà parlé de quelques idées associées au format BD, dans l'article Comme dans une BD, il faudra par contre effectuer un travail de fouille archéologeek afin de retrouver les onze épisodes de la saga, permettant de jouer avec les cases, la dépense de ● permettant de se déplacer dans la bd, en interprétant la scène sur laquelle nous arrivons. Pour le reste, je pense attribuer d'emblé +1◎ en Action, les enveloppes cristallines et magmatiques des protagonistes offrant une vigueur surhumaine.


Pour l'ambiance, c'est assez simple; C'est de la Sword & Sorcery à la Conan, excepté que les belligérants ont renoncés à une partie de leur humanité afin de devenir des êtres magmatiques ou cristallins. Le cristal Prisma, bien que présenté comme la source du "Bien", semble avoir une origine inconnue, et même Ogéode, le Gandalf local, ne maîtrise clairement pas bien ses pouvoirs. Il va cependant pouvoir transformer armes et créatures en contreparties minérales, tandis que Zardeth fera de même avec le pouvoir du magma, qui pour le coup, semble bien plus local que ce fichu cristal alien. 

Vous l'aurez compris, la Saga de Crystar ne vous retournera pas le cerveau en tant qu'œuvre graphique, mais propose néanmoins une idée dépaysante pour jouer dans une variation fantastique d'un monde en grande partie sauvage, et les différentes dualités peuvent facilement devenir des pistes de développement intéressantes. A essayer! 


Oui-oui, c'est Alpha flight qui s'invite dans la saga, tout comme Nightcrawler et Doctor Strange... Les caméos existaient déjà! 







17 août 2023

Le Cloître des vanités - la romance historique

Coucou les livrophiles! Je vais prendre comme exemple le roman de Manon Ségur, une jeune autrice prometteuse, pour vous donner quelques pistes permettant de créer un décor de jeu romantico-historique. Ici avec son Cloître des vanités, Manon nous emmène dans un récit à l'époque féodale, fortement imprégné de catharisme, et avec une touche fantastique. Nous y suivons la rencontre du démon Sernin, maître d'un petit paradis personnel et magique, avec une congrégation cathare voyant sa ferveur renforcée par l'achèvement de la cathédrale Saint-Joseph. Démon ancien face aux fidèles d'une foi nouvelle, cela reste un thème plutôt classique, mais la plume de l'autrice sait éviter les banalités pour nous offrir ici une approche plus subtile et moins manichéiste. 

Bon, pour jouer de la romance, rien de bien compliqué. Il nous faut quelques personnages à qui nous ferons éprouver des sentiments, généralement contrariés par leur condition sociale, et avec comme seule opportunité possible la relation avec l'antagoniste - ou un pion aisément manipulable par ce dernier - c'est à partir de là que nous pourrons tisser des intrigues ancrant nos protagonistes dans l'histoire, celle en cours de développement, comme celle avec le grand H. 

Transcrire un élément tragique, comme il y en a quelques-uns dans le Cloître des vanités, implique des dilemmes moraux, des entorses envers ses croyances religieuses, envers la morale. C'est d'ailleurs là tout le sel de ce genre; Aller mettre en avant les éléments humains et individuels en les incluant dans la trame historique. Et inutile de se perdre dans les détails réalistes, nous avons toutes et tous des images d'Epinal associées aux différentes époques de l'Histoire, cela suffira amplement à planter le décor, même si l'autrice du Cloître des vanités est une amoureuse des vieilles pierres, nous gratifiant de descriptifs précis, toute la connaissance associée à une époque ne doit finalement servir qu'à pouvoir poser une atmosphère en fonction de l'aspect romance, tragique ou plus légère. 

***

Pour ce qui est de l'adaptation de la romance historique avec les règles d'ULUJ, je ne vois pas de raison de modifier la quantité de jetons attribués à l'ADA - Action, Drama, Audace - les personnages ancrés dans l'Histoire seront a priori des individus ordinaires, se caractérisant plutôt par leur Etoffe, moins fantasque que dans d'autres thématiques, et pourquoi pas plutôt orienté vers des proverbes ou des éléments historiques plus classiques, tels que Spadassin ou Brodeuse. Bien qu'il ne faille pas forcément jouer dans une atmosphère sombre et torturée, le genre se veut plus ancré dans le réel - Oui bon, il y a bien un démon dans le Cloître des vanités - en tout cas plus en résonnance avec le genre historique.

Pas vraiment de changements particuliers pour le Point fort, restant une spécialité du personnage, et bien entendu, ne devant pas apparaître comme loufoque ou incongru, afin de respecter l'atmosphère de la romance historique. Il n'est pas non plus exclu de proposer des personnages flamboyants, à la Cyrano. L'intérêt de tels personnages étant alors de contrebalancer leur exubérance par des drames et des failles plus profondes. 

La Tirade sera probablement l'élément le moins employé dans cette thématique, elle pourra appuyer l'Etoffe ou se focaliser sur une émotion dominante éprouvée par le personnage, elle n'exclue en rien de la nuance, permettant alors de donner encore un peu plus de profondeur au personnage.  

01 avril 2022

Tu veux jouer? Amènes ton livre préféré!

 



Coucou les bouquinovores! Eh mais en fait, ULUJ veut dire Un Livre, Un Jeu, mais pourquoi ne pas amener son livre favori à la prochaine session, et créer une aventure à partir de passages de celui-ci? Nous pourrions très bien décider ainsi de raconter une histoire, en puisant directement dans le talent évocateur de nos auteurs et autrices favorites. 

A partir de là, plus aucune limite à l'expérience! Nous pourrions décider d'un nombre prédéfini de marque-pages, pour ne pas feuilleter tandis que nos camarades développent l'histoire, voir même décider de contraintes - Uniquement des romans de Stephen King - ou encore d'une thématique - des livres de cuisine - et bien entendu, il s'agirait ici de narration totalement partagée, les uns rebondissant aux mots des autres, avec passation à des moments opportuns, en fonction du plaisir à prendre la parole, en suivant plus ou moins une certaine cohérence. 

Et plutôt que de réciter les passages d'auteurs et autrices publiés, pourquoi ne pas essayer d'en tirer toute la substantifique moelle, en l'adaptant afin d'aller vers la création d'une narration commune et construite? Pourquoi pas en griffonnant un début, quelques jalons, et une fin. Nous aurions ainsi une version rôliste de Il était une fois, le jeu pour créer des contes, de Richard Lambert, Andrew Rilstone et James Wallis, mais cette fois-ci avec des livres et paragraphes choisi, en guise de cartes. Rien n'empêche d'ailleurs d'employer les fameuses cartes, en tant que contraintes pour diriger quelque peu le récit, même si quelques post-it peuvent servir aussi bien. 

Ainsi, plutôt que de jouer à ULUJ avec le support d'un livre unique, passant de mains en mains, chaque participant.e décidera d'amener un ouvrage, et tentera d'intégrer ses passages favoris à une création commune, pour le simple plaisir de créer, mais aussi de voir se rencontrer Benvenuto, de Gagner la guerre, et Leto II, de l'Empereur-dieu de Dune. Ce serait l'occasion d'intégrer l'idée du crossover, très courant en bande dessinée ou dans les séries télévisées, à l'univers littéraire! 

Il me semble plus intéressant d'adapter les passages choisis à ceux déjà racontés par nos camarades, afin d'entretenir une certaine cohérence, probablement toute relative après quelques lectures! Les noms ou lieux puisés dans notre roman pourront ainsi changer afin de maintenir la continuité du récit, par exemple dans votre exemplaire des Noces pourpres, Catlyn Stark pourra très bien être remplacée par la Enola Holmes du lecteur précédent, et à qui vous ferez subir quelques violences. L'idée pourra devenir rapidement loufoque, ou terriblement choquante! N'hésitez pas non plus à prendre des notes, à tour de rôle, afin que tout le monde garde le fil. 

Voilà pour cette idée de narration différente, à vous maintenant de me dire si vous voyez certains développements à ce concept. Je suis toujours très curieux de savoir ce qu'il vous passe par la tête, n'hésitez donc pas à laisser quelques mots en commentaire! 


13 avril 2021

Comme dans une bd!

 


A mes yeux aussi riche que la littérature plus classique, le monde de la bande-dessinée est encore fréquemment considéré comme réservé aux plus jeunes esprits, alors que la richesse du neuvième art pourrait en démontrer à bien des auteurs. 

Je ne vais pas me lancer dans la création d'un nouveau blog à chaque fois que je veux adapter un support au jeu de rôle, et les passerelles entre romans et bande dessinées existent déjà suffisamment en assez grand nombre pour poser tout ça ici. J'aurai pu montrer également montrer le lien avec les sérivers de Comme à la télé, mais je vois un peu plus de ponts entre romans et bande dessinées. Comme dans une bd sera donc adapté via ULUJ plutôt qu'avec CàlT, cela n'aura guère d'incidence, de toute manière. 

Avec le support graphique pour aider à l'immersion, la bd, et plus particulièrement le comic book dans mon cas, part avec un grand avantage auprès des novices comme de celles et ceux aimant le fantastique ou la science-fiction. Je vais prochainement proposer American gods ou encore la Ligue des gentlemen extraordinaires, des œuvres déjà adaptées en films et séries, qui auront donc déjà touché des publics plus larges que ceux de leurs supports originaux. 

Je ne vois rien à adapter en terme de technique, et me servirai donc des règles pour ULUJ sans modification. Etoffe, point fort et Tirade seront ainsi restitués à travers des univers visuels aux saveurs différentes de leurs contreparties livresques. Pour une première salve de one-shot, j'ai choisi des comic books aux univers très marqués, comme Fables, la Ligue des gentlemen extraordinaires, Sandman, American gods et Moonshine. Les personnages vont ainsi pouvoir incarner des êtres hors du commun, souvent inhumains, tout en ayant des exemples visuels de l'ambiance, chose difficile à retranscrire rapidement avec des livres, et très limités avec les exemples de sérivers, dont les budgets pourtant énormes peinent à traduire des effets visuels de grande ampleur. 

Comme dans une bd! aura donc les mêmes règles que ULUJ, mais je vois déjà quelques petites astuces pour profiter pleinement du format comic book. Par exemple en présentant des planches afin de favoriser l'immersion et rythmer les scènes. Les participant.e.s pourraient même avoir accès à l'œuvre de référence, en format papier ou plus sûrement sur tablette, afin de pouvoir également amener des planches soutenant les actions qu'ils et elles souhaitent amener - on pourrait même envisager quelque chose à faire en combinant les mises classiques de ULUJ et d'éventuels bonus narratifs lorsque quelqu'un autour de la table présente une planche indiquant la saveur de la scène allant commencer. 

Plutôt qu'une Ellipse, utilisable avec des jetons noirs, il serait ici visuellement intéressant de sauter vers la première case d'une autre planche. La difficulté de l'action en cours permettant possiblement de déterminer le nombre de cases ainsi sautées. Les Flashbacks fonctionneraient de la même manière, offrant alors l'opportunité d'aller puiser dans de précédents numéros du comic book, afin d'y trouver de la matière utilisable pour ouvrir de nouvelles scènes. Il s'agirait alors de cumuler des jetons noirs, puis de se concerter pour trouver un élément utile à la suite de l'aventure. De la même façon, les antagonistes seraient potentiellement affecté par ces sauts d'une planche à l'autre, subissant des malus sur leurs actions face aux avantages retirés par les dépenses de jetons noirs des protagonistes. L'idée de rendre les limites physiques de la bande dessinée me plaît assez, et même si cela apporte un côté méta, voir cartoon, je pense qu'en soignant la mise en scène, cela pourrait fonctionner dans certains cas. Dès que l'aspect dramatique prévaut, cependant, je déconseille ce genre de pratique, pouvant clairement nuire à l'atmosphère propre de l'œuvre.

Voilà donc mes premières idées afin de profiter du format comic book durant de prochaines aventures rôlistes. N'hésitez pas à me laisser des commentaires si vous avez envie de partager des idées à ce sujet. Je reviendrai probablement avec des articles sur des bande dessinées spécifiques, ayant en leur sein de quoi changer les habitudes de jeu, en enrichissant l'expérience ludique.